Un grand week-end d'été à Saint Petersbourg
Ou la magie des nuits blanches...

Nuit blanche à Paris. Flash back immédiat...Réminescences : il faut que je me décide à parler de mon grand week-end à Saint Petersbourg début juillet.
Il y a longtemps que j'en rêvais : Le palais d'hverpartir en individuel (à quatre, plus exactement)à Saint Petersbourg, visiter l'Ermitage, voir le Versailles sur la Baltique … Si ce n'est pas le genre de week-end qui s'improvise, Saint Petersbourg n'est toutefois qu'à trois heures de Paris.

Evidemment il y a quelques préalables.

Ceux auxquels on pense spontanément ,

  • Visa de dimension impressionnante. Il faut prévoir quelques semaines pour l'obtenir via des spécialistes ou prendre son mal en patience pour faire plusieurs fois une queue de plusieurs heures pour obtenir le précieux papier … et il faut une preuve d'hébergement pour l'obtenir. Nous avions choisi de sous louer un appartement : première difficulté !
  • Billets d'avion à des tarifs corrects . C'est possible : Air France et Pulkovo se faisant concurrence sur Paris-St Peztersbourg. Ouf !

Et ceux auxquels on pense moins spontanément :

  • Preuve d'assurance de rapatriement à demander auprès des émetteurs de Carte (dans ce cas mieux vaut avoir une carte Premier ou Infinite ou une AMEX) ou de tout assureur-assistant (Mondial Assistance, Europe Assistance)… sans cette preuve impossible d'obtenir le précieux papier VISA.
  • Un mini dictionnaire type " Le russe utile en voyage ". Sur place malgré notre français, notre anglais, notre allemand, notre italien et notre espagnol, nous apprenons très rapidement que sans lecture du cyrillique, point de salut. Quelques années ont isolé la Russie du restant du monde, et y parler d'autres langues Stature équestren'était pas bon signe. Donc, même dans une ville touristique, les seuls à réellement parler autre chose que le russe sont les accompagnateurs de groupe, les guides… et les ex-espions (et la nouvelle génération de façon assez marginale ou une petite élite intellectuelle).
  • Un imperméable, obligatoire, le temps changeant à une vitesse extraordinaire.
  • Prévoir de récupérer sur place le précieux tampon signalant que vous avez bien logé à St Petersbourg (vestige de l'ère soviétique sans doute et occasion de donner quelques roubles), sinon risque de palabres à l'aéroport au retour
  • Et beaucoup de sous , car la vie sur place, pour les touristes est très chère. Beaucoup de choses ont un double tarif : un pour les habitants de Russie et un pour les autres. C'est le cas pour les musées, les visites de monuments, les théâtres, l'opéra, les bateaux… L'écart de tarif peut varier de 1 à 15. Mais l'euro et le dollar sont acceptés à beaucoup d'endroits… avec la même parité, donc prévoir actuellement de payer en dollars !!

Une fois tout ces préalables connus, la magie est au rendez-vous. Dès l'arrivée à l'aéroport, c'est le dépaysement. Nous connaissons l'adresse de l'appartement où nous logerons et il est prévu qu'une personne vienne nous chercher en voiture. Ce que nous savons : il est brun, chauve et barbu et il a une pancarte avec nos noms. Super ! A l'arrivée, il y a plein de personnes correspondant au signalement et nos noms sont en caractères cyrilliques. La voiture n'est pas toute jeune (comme une grande partie du parc automobile) et une grande caisse à outils occupe une bonne partie du coffre. Heureusement que nous avons prévu peu de bagage ! Et puis notre chauffeur est super gentil mais ne parle que russe. Il téléphone tout au long du trajet… L' appartement où nous logeons est situé dans un quartier extraordinaire : vue magnifique sur la Neva et la maisonnette de Pierre. La façade coté Neva est classe , mais l'entrée de l'immeuble à l'arrière... Étonnant comme cela reflète la dichotomie que nous ressentirons tout au long du séjour : société avec une masse qui vit chichement et présence d'ultra-riches (mafia et autres fortunes gagnées très rapidement), parc automobile globalement très vétuste de Lada gardant leurs pneus cloutés même en été mais aussi BMW et Mercedes, 4x4 très haut de gamme avec intérieur cuir et vitres totalement noires, boutiques aux allures de ce que nous avons connu très jeunes enfants et téléphones portables omniprésents…

Palais d'étéMais la féerie est ailleurs : Saint Petersbourg , la ville sortie des marécages sur la seule volonté des tsars révèle une architecture homogène et magnifique. Un grand nombre de bâtiments sont restaurés, principalement sur la grande Neva, mais lors d'une ballade sur les multiples canaux on voit toutes les richesses que possède la ville dont certaines ont encore besoin d' un bon coup de rafraîchissement. Mais dans une ville immense au climat extrême, le travail est titanesque. Et si l'extérieur des bâtiments permet de tomber sous le charme de la ville, l'intérieur de ceux qui se visitent, enchante par sa richesse, son harmonie… Quelques mots de ce qui nous a réellement plu :

La deuxième Venise du Nord est construite sur des marécages, 42 îles et possède quelque 75 canaux. Les palais qui bordent la grande Neva sont majestueux ; les couleurs pastels qui les décorent sont harmonieuses. Le plus célèbre d'entre eux est l' Ermitage ou Palais d'hiver. Le quartier qui englobe la place du palais avec la colonne Alexandre, le palais d'hiver, le palais de marbre, le palais d'été et son jardin est sans doute le plus connu mais nous n'avons pu nous empêcher d'y passer et repasser.

Ne dire que quelques mots sur L'Ermitage est réducteur mais la visite s'avère du niveau de celle du Louvre. En une journée commencée tôt et finie à la fermeture du musée nous n'avions pas fait le tour. Les expositions sont variées : antiquités collections gigantesques d'art italien et français du XV au XVIII siècle, peintures anglaises, multiples œuvres des écoles flamandes, hollandaises, allemande mais aussi les plus importantes collections d'art français, hors de France, des XIX et XX siècles (beaucoup de Renoir, Cézanne, Matisse, Picasso …), sculptures… Un beau carrosse doréIl faut ajouter à tout cela un fastueux décor baroque de toutes les salles : l'incroyable escalier des Ambassadeurs gigantesque en marbre de Carrare, les salles d'apparat… Pour n'en citer que quelques unes : le salon de malachite, du nom de la pierre des immenses colonnes le long des murs, le théâtre, la salle du trône immense avec luxe de marbre et vue magnifique sur l'île Vassilevski, les loges de Raphael, copies de salles du Vatican, la salle du pavillon en marbre blanc avec son incroyable horloge en or avec animaux, les jardins suspendus… Que de richesses : un tout petit aperçu avec ce carrosse tout en or.

Après le palais d' hiver, le palais d'été beaucoup plus simple (on y trouve toutefois de magnifiques faïences de Delft) mais idéalement situé sur la Neva dans un jardin ravissant aux allées ponctuées de statues. On dit que Pouchkine venait y lire son courrier. L'été ce jardin est très agréable pour sa fraîcheur, dont profitent beaucoup d' habitants de la ville. Il faut s'y balader le matin pour voir quelques mariages et parce que le parc n'est payant que l'après midi …
Heureusement que les journées d'été sont longues. Car après les ballades, visites… il reste encore du temps pour faire des photos de nuit

Le fameux croiseur AurorePhoto prise à minuit et demie du croiseur Aurore, connu pour son intervention dans le cadre de la révolution d'octobre !!

La phrase qui m'a semblé le plus décrire la magie nocturne de cette ville magnifique revient à Alexandre Dumas : « Figurez-vous une atmosphère gris perle, irisée d'opale, qui n'est ni celle de l'aube ni celle du crépuscule […] des ténèbres transparentes qui ne sont pas la nuit mais seulement une absence du jour […] un calme qui vous rafraîchit l'âme, une quiétude qui vous dilate le cœur […] »

C'est joliment dit mais la réalité est encore plus belle … et nous rêvons maintenant de découvrir St Petersbourg l'hiver ,sans nuit blanche , mais sous le charme de la neige et avec la possibilité de faire du patin à glace sur la Neva …

Annick
« nuit blanche » 2004.

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