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Quatre
jours pour visiter Prague (suite).
Troisième
jour : Strahov et Mala strana
Chouette,
il fait à peu près beau aujourd'hui. Mais nos pieds
gardent en mémoire les excès des jours précédents
et nous décidons d'utiliser le métro et le tramway
pour monter au monastère de Strahov, qui se trouve encore
au dessus du Château. Le métro n'a que trois lignes
(A, B et C) et un plan facile à comprendre. Il est décoré
de façon très ...socialiste. Bas reliefs de poings
prolétariens, ou décors muraux très sixties.
Le ticket vaut pour les trois moyens de transport et s'achète
à la durée. Les
contrôles sont très fréquents et les contrôleurs
très méchants. Nous prenons la correspondance avec
le tram 22 à la station République, et refaisons en
quelques minutes le long trajet d'hier vers le château que
nous dépassons pour pousser jusqu'à Strahov. Attention
aux pickpockets dans le tram ! L'un de nous s'est fait délester
de 3 000 couronnes et de sa carte d'identité par de
faux touristes : pendant qu'une dame lui demandait si le tram allait
bien au château, son compère lui faisait les poches
derrière. La dame en question étant descendue juste
à l'arrêt d'après,
on s'est douté de quelque chose, mais il était trop
tard.
Strahov vaut le coup ; pour la vue et pour le lieu lui-même.
L'église de l'assomption de la Vierge est certainement l'une
des plus belles de la ville, dans le style baroque. Dommage qu'on
ne puisse que la regarder à travers une vitre et une grille
à l'entrée...
Nous nous consolerons avec la visite du cloître et de la Strahov
Gallery, dans laquelle nous tombons
en arrêt devant une extraordinaire peinture sur bois représentant
Véronique (vera icona, la vraie image) essuyant le
visage du Christ, uvre dont j'ai complètement oublié
de noter l'auteur, mais dont voici fort heureusement une image.
Autre consolation sublime elle aussi, la vue que nous avons de la
terrasse située juste au dessous du monastère, et
qui embrasse toute la ville, dominant quelques vignes. Après
le déjeuner, argentin cette fois, nous revoici dans Mala
Strana, mais aujourd'hui le soleil se met de la partie. Ça
change tout ! Les façades montrent leurs couleurs rose pâle,
vert amande, jaune d'or, rouge sombre, lilas. Les bas reliefs qui
signent les immeubles font briller leurs ors, les trompe-l'oeil
en forme de pointes de diamant qui ornent les murs du château
se montrent encore plus fallacieux, on
voit des chiens tenus en laisse tiens, ça veut
dire qu'il en existe, finalement, et qu'il faisait jusqu'à
présent un temps à ne pas mettre un chien dehors
et la Pilsen Urquell, sollicitée à nouveau,
confirme ses excellentes qualités. Le baromètre du
moral remonte lui aussi et nous voici quasiment euphoriques, il
faut l'être pour se pâmer d'admiration, la tête
renversée en arrière, sous les fresques de la coupole
de Saint Nicolas, elles aussi en trompe l'il, plus
baroque tu meurs. Et
malgré la réticence de nos pieds, moins sensibles
par nature à la lumière qu'aux ampoules, nous remontons
au château, par les escaliers. L'euphorie a gagné la
garde, qui ne peut s'empêcher, en levant haut la jambe sous
les applaudissements de la foule, d'émettre un sourire en
effectuant la relève. La vue est évidemment plus belle
qu'hier. Nous rejoindrons l'autre rive
à pied, non sans avoir fixé à plusieurs reprises
sur la mémoire de nos reflex numériques celle de cette
extraordinaire lumière. Demain, qui est un autre jour, celui
de notre départ, nous laissera quand même profiter
encore une fois du soleil de l'été tchèque.
Quatrième
jour : Soleil, Mozart et kitsch soviétique.
Premier
jour : Pluie cristal et art nouveau
Deuxième jour : quartier juif
et château
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