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Quatre
jours pour visiter Prague.
Je
connaissais Rome, Madrid, Londres, Lisbonne, Bruxelles, Vienne,
mais pas Prague ! Une lacune comblée en août pour ma
plus grande joie et l'édification des foules. Nous y arrivons
malheureusement sous une pluie battante, ce qui nous donne l'occasion
d'apprendre qu'en Tchèque « parapluie »
se dit « detník ». Le taxi n'étant
pas recommandé par le guide du routard, nous prenons
à l'aéroport un bus vers le centre, sans savoir qu'il
existe une navette qui nous aurait déposés à
deux pas de l'hôtel Salvator, notre point de chute.
Celui-ci ressemble au familistère de Guise, en plus fleuri
à l'extérieur et en plus soviétique à
l'intérieur, avec deux lits d'1,80 m de large par chambre
et des toilettes dans lesquelles je serais encore coincée
aujourd'hui, sans les efforts conjugués de mes compagnons
de voyage. Il pleut de plus belle, mais c'est parti pour la découverte
!
Premier
jour : pluie, cristal et art nouveau
Ma
première expérience, je ne la qualifierais pas de
gastronomique, mais elle fut, disons, intéressante. Au restaurant
« Marie Teresie », sis au 23, Na Příkopě,
dont la salle comme pour presque tous les restaurants
de la vieille ville se trouve dans une belle cave voûtée,
nous décidons de commander des plats typiques tchèques,
et je me lance bravement dans une langue de porc agrémentée
d'une
sorte de choucroute rouge sucrée et d'un machin caoutchouteux
qu'on coupe en tranches, qui sert de pain, et qui est de fait constituéd'un
mélange de vieux pains rassis trempés, lié
à l'uf. C'est franchement dégeulasse. Par la
suite, je mangerai italien ou argentin. Le repas accompli, nous
commençons la visite de Prague par la fameuse place Venceslas
(en fait Vaclav, nom qui se prononce Vatslav et pas Vaklav comme
on l'entend trop souvent en France), et son quartier, qui fourmille
d'immeubles art nouveau, art déco et
même cubistes. D'étranges sculptures ornaient
la place, représentant des robots ou peut-être des
golems, après tout Prague est la ville où fut
inventée cette créature bizarre (mais nous aurons
l'occasion d'en reparler). Le nez en l'air nous admirons cette architecture,
nous le baissons pour voir le monument à la mémoire
de Ian Palach, cet étudiant né en 1948 qui
s'immola par le feu le 16 janvier 1969 pour protester contre la
répression communiste, et sommes ébahis (quand le
nez est droit) par le nombre de magasins de souvenirs. Si vous n'aimez
pas le cristal de Bohême, les jouets en bois, le grenat
et l'or à 14 carats, n'espérez pas emporter un souvenir
de Prague ! J'ai pour ma part acheté quelques oiseaux
buveurs, mais c'était une commande que m'avait faite
un amateur. La monnaie à Prague n'est pas encore l'euro,
mais toujours la couronne tchèque, qui vaut à
peu près un trentième d'euro. L'oiseau buveur coûte
de 450 à 650 couronnes, selon les magasins et les quartiers.
En marchant, nous remarquons l'absence de chiens, et par voie de
conséquence, de crottes sur les trottoirs, ainsi
que celle de feux rouges. Les voitures (peu nombreuses, il est vrai)
s'arrêtent gentiment pour laisser passer les piétons,
qui se sentent en sécurité. Il pleut de plus en plus,
et c'est là que nous admirons la prévoyance des anciens
urbanistes, qui pourvoyaient en arcades les places et les rues,
nous nous y réfugions pour continuer nos observations. Il
faut payer 7 à 10 couronnes (selon l'endroit) pour faire
pipi, mais ces endroits sont nombreux, très propres, avec
des dames-pipi avenantes. JC Decaux, quoique présent, n'a
pas encore pris toutes les parts du marché. Nous parvenons
aux abords du quartier juif, un peu tard pour sa visite, et nous
bornons ce soir à celle de la synagogue « Staronova »,
c'est à dire littéralement « vieille-neuve »,
qui est petite, mais gothique flamboyant. Nous apercevons pour la
première fois le fameux Château, de l'autre côté
de la Vltava, ce qui nous donne envie de boire une bière
au café Kafka. Je vous recommande la Pilsner Urquell,
mais à la pression. La bière bue et appréciée,
nous poussons un
peu plus loin pour voir cette Vltava (dite en allemand Moldau
alors qu'elle n'a rien de moldave) que le compositeur Bedřich
Smetana a chantée dans un célèbre poème
symphonique, dont le thème est devenu l'hymne national israélien.
Le Château domine la Vltava, avec l'église St
Guy. Nous visiterons tout cela demain. Pour l'instant, nous restons
sur la place de la vieille ville Staromestské
námestí et entrons dans l'église
Notre Dame de Týn aux clochers très Disneyland,
dans laquelle je photographie un superbe triptyque, et où
se trouve la tombe du grand physicien danois Tycho
Brahé, maître de Kepler. Nous
y arrivons à la fin d'une messe, avec force prêtres
en soutane et enfants de chur, juste au moment où l'organiste
s'éclate sur le finale. Bref, du vrai de vrai. Totalement
épuisés par notre balade sous la pluie, non stop
ou presque depuis 13 h, nous cherchons une pizzeria que nous trouvons,
et après la pizza regagnons l'hôtel qui mérite
bien en l'occurrence son nom de Salvator. M. constate en se dévêtant
qu'il a les pieds bleus. Non, ce n'est pas un problème de
circulation, c'est qu'il a vraiment beaucoup plu, et que
ses chaussures ont déteint ! Qui sait ? Demain, il fera peut-être
beau ? Ce n'est pas ce qu'annonce CNN, mais on ne sait jamais...
Deuxième jour
: Quartier juif et Château
Troisième jour : Strahov et
Mala strana
Quatrième jour : Soleil, Mozart et kitsch stalinien.
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