Le nord du Portugal : suite
(
précédents épisodes :
le parc national de Peneda-Gerês
La côte, d'Apulia à Viana do Castelo)

3) L'intérieur : Braga, Guimarães, Ponte de Lima

Détail de l'orgue de la Sé de BragaIl faisait très chaud et l'on nous avait déconseillé de visiter Braga, nous risquions d'attraper une insolation.. Mais les cathédrales sont troujours fraîches et celle de Braga (la « Sé ») nous réservait de trop belles surprises. Le cloître et les salles contiguës sont un vrai musée, avec leurs vieilles pierres,Christ polychrome, Braga leur collection de reliques encadrées comme des gravures, leurs christs anciens en bois polychrome, leurs ex-votos de cire. Quant à la cathédrale elle-même, elle a été commencée au XIe siècle. Le portail sud est typiquement roman, il est relativement rare d'en trouver au Portugal. À l'intérieur, les orgues baroques sont absolument extravagantes, avec des sculptures dorées de faunes cariatides, de phoenix ou d''anges musiciens joufflus. J'aurais tant aimé les entendre jouer... À proximité ex-votos de cirede la cathédrale, dans une petite rue derrière, on peut voir une très jolie statue de la Vierge en train d'allaiter ; elle est un peu raide, les yeux dans le vague, et semble ne porter aucun poids, alors qu'elle a un bébé grassouillet et goulu, qu'elle ne regarde pas, accroché au sein gauche. Les plis de sa robe sont magnifiquement reproduits.Monument, Braga C'est l'œuvre d'un sculpteur français. Nous nous sommes ensuite baladés dans la ville, à la découverte de beaux monuments ou à la chasse aux effets de lumière, sans souffrir de la chaleur. Il y a de beaux parcs, de belles chapelles, des places tentantes, des rues commerçantes, l'ensemble a du charme. Fenêtre, BragaLes habitants de Braga le savent, et se mettent à rénover leurs immeubles en gardant les façades, comme à Paris. Ce qui m'a donné l'occasion de faire cette photo de fenêtre au travers de laquelle on voit bien le ciel...mais à l'intérieur ! Pour terminer cette belle journée, nous sommes allés nous asseoir en terrasse sur la grand place, devant un verre de la bière locale « superbock » que l'on vous sert, à cette heure-ci, accompagnée de graines de lupins. jet d'eau, BragaEn la sirotant, et en grignotant les lupins, on admirait les arcs-en-ciels que le soleil faisait apparaître dans les jets d'eau. Mmmmh !Lupins

Si Braga était la ville des églises et des chapelles baroques, Guimarães*, dont le centre historique est inscrit au patrimoine mondial de l'humanité, est celle du Moyen-Âge. À tel point que ça fait un peu artificiel parfois, comme ces villages-musées français investis par de néo «Guimaraes, la vieille ville artisans ». N'empêche, Guimarães est vraiment le berceau du Portugal, là où la langue portugaise a été officiellement reconnue comme langue d'une nation. Il faisait gris lorsque nous l'avons visitée. Dommage ? Pas tellement car les ruines du vieux donjon, Guimaraes, ruines du donjonavec les cyprès torturés par le vent sur fond de nuages noirs, en ont pris des allures romantiques assez inquiétantes ! Dans l'une des petites rues du centre historique, nous avons eu par ailleurs la meilleure expérience gastronomique de notre séjour avec, entre autres, une dorade grillée sublime. En montant au château (une construction détail d'une station du chemin de croixassez récente et assez délirante), on s'aperçoit que la ville est en fait un immense chemin de croix, dont les stations, protégées par des volets la nuit et inscrites dans les murs, qu'on découvre au détour du chemin dans des endroits inattendus, sont de vraies œuvres d'art, des compositions sculptées et peintes de personnages expressifs quasiment grandeur nature.
Ponte de Lima,
(par où l'on passe quand on va au ou revient du Peneda-Gerês), est une petite ville également très touristique, mais d'un tourisme un moins culturel et un peu plus balnéaire, à cause de l'attraction du fleuve Lima, aussi calme et agréable aux baigneurs que le Loir ; mais un Loir dans lequel des palmiers se refléteraient ! Un pont romain subsiste, moins imposant que le pont du Gard, car ce n'est pas un aqueduc, mais pas mal quand même. Le soir, après que les baigneurs sont retournés chez eux et que le parking (sur les berges du fleuve) s'est vidé, Ponte de Lima devient très calme et agréable. On y retrouve un rythme à peu près normal. Et on prend les derniers rayons du soleil, sur un banc des remparts à l'ouest, comme cette brochette de vieux.

 

* prononcer en roulant le r et en allant très vite sur ra-inch, c'est à dire en diphtonguant : gui-ma-ra-inch

Suite le mois prochain : Porto
Épisodes précédents :
1) la côte, d'Apulia à Viana do Castelo.
2) Le parc national de Peneda-Gerês

Élisabeth octobre 2004