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Le
nord du Portugal : suite
(précédent
épisode : la côte)
2)
Le parc
national de Peneda-Gerês
Quand
vous en aurez assez de la côte, poussez un peu vers le nord-est
dans l'arrière-pays sans craindre les vieilles routes pavées,
glissantes par temps de pluie (c'est à dire souvent) mais
pleines de charme, qui disparaissent malheureusement peu à
peu. Le
nord-est du Portugal, à la frontière avec l'Espagne,
est formé de chaînes de montagnes, dont les principales,
la serra Peneda (1373 m) et la serra do Gerês
(1545 m), ont donné leur nom au
parc national créé en mai 1971. Région
granitique aux paysages impressionnants, avec des rochers aux formes
bizarres, et une végétation luxuriante, dont certaines
espèces n'existent nulle part ailleurs. N'allez pas trop
vite, car vous risquez à tout moment de rencontrer
sur votre route une vachette rousse aux cornes recourbées
en forme de lyre, ou un troupeau de chevaux en liberté
avec des clochettes au cou, sans parler des autres animaux comme
le loup qui se cachent dans cet endroit bien protégé
à tel point qu'il existe une route sur laquelle on
n'a pas le droit de s'arrêter ne serait-ce qu'une seconde
! Pour vous contrôler,
on vous distribue à l'entrée des numéros qu'il
faut rendre à la sortie. Malheur à vous si vous vous
êtes fait doubler, il faudra payer une amende ! C'est assez
frustrant, mais c'est grâce à ce genre de mesures que
la flore et la faune peuvent être protégées.
La région est aussi très fournie en lacs, torrents
et cascades parfois gigantesques, comme celle du sanctuaire de Notre
Dame de Peneda, d'autant
plus saisissante que nous l'avons vue par temps de pluie. Certaines
offrent des piscines naturelles d'un bleu-vert très tentant,
comme celle-ci à gauche, mais l'eau y est très fraîche...
Si certains chaos de granit font penser à la Bretagne, il
en est de même des dolmens, ou de motifs celtes qu'on peut
voir sur certains monuments. Mais ce qu'on ne voit pas en Bretagne
ni ailleurs, sauf en Galice de l'autre côté de la frontière,
ce sont ces surprenants greniers à maïs du 18e
siècle, appelés « espigueiros »
: de loin, et sans avoir l'échelle, on pourrait les prendre
pour des tombeaux à cause de
la croix qui les surmonte et qui servait sans doute à bénir
la récolte. Mais de près, ils sont gigantesques !
Tout en granit avec un plancher de bois, ils sont construits sur
pilotis afin que le grain reste au sec dans ces régions pluvieuses,
et les pilotis ont même une sorte de rebord en forme de champignon,
(voir détail photo ci-dessous) pour éviter que les
rats ne montent à l'intérieur. Nous
en avons vus qui servaient de cabane ou de chambre d'amis. Les plus
célèbres, comme celui-ci, sont visibles à Soajo
où il y en a plus d'une vingtaine rassemblés sur une
« aire communautaire » de granit elle aussi.
Élisabeth,
août 2004.
Suite
: Braga, Guimaraes, Ponte de Lima
Épisode précédent
: la côte, d'Apulia à Viana do Castelo.
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Élisabeth
septembret 2004
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