Le nord du Portugal

1) La côte, d'Apulia à Viana.

La plage d'Apulia au couchantOn parle plus souvent du sud du Portugal — et d'ailleurs une escapade à Lisbonne, comme celle de Bernadette en octobre, est fortement recommandée pour le moral — que du nord du pays, qui serait nuageux voire pluvieux avec une température de l'eau glaciale, etc. Foin des préjugés ! Allez constater par vous-mêmes que tout cela est faux. Certes, le climat est océanique, avec de fréquentes entrées maritimes, mais pas plus qu'à Biarritz, après tout, où le soleil brille quand même assez souvent. En contrepartie, cela donne une végétation luxuriante, où se mêlent palmiers, eucalyptus, orangers, oliviers, vignes, pins et chênes et un peu plus en altitude, magnifiques châtaigniers comme on n'en voit hélas plus dans les Cévennes, à cause de la maladie qui les a décimés.

Basez votre quartier général sur la côte, entre la frontière espagnole et Porto, par exemple à Esposende, où l'on trouve facilement des appartements confortables à louer. Ce village de pêcheurs devenu station balnéaire prisée, La plage d'Esposende se trouve dans la région du Minho à l'embouchure d'un fleuve. Sur ses plages de sable fin, très fréquentées mais longues de plusieurs kilomètres, vous trouverez toujours entre deux visites des environs, une place pour bronzer,mais de préférence le matin ou le soir, car le soleil tape dur. Quant à la température de l'eau, même les plus frileux d'entre nous l'ont trouvée délicieuse. Par contre, inutile d'espérer nager mollement l'indienne ou la brasse : mieux vaut jouer avec les vagues, qui cognent très fort, en respectant strictement les indications données, comme en France, par le drapeau vert jaune ou rouge dans les zones surveillées. Château à Apulia vu de la plageDans les environs d'Esposende, il y a de nombreuses autres plages, parmi lesquelles nous avons adoré celle d'Apulia. Ce port de pêche, à quelques km au sud d'Esposende, est resté très authentique, avec ses barques décorées de couleurs vives, et ses anciens moulins aujourd'hui habités, au moins pendant les vacances.C'est derrière ces petits moulins, sur une route pavée parallèle à la côte, que l'on trouve toute une série de guinguettes souvent tenues par les familles des pêcheurs eux-mêmes, et Les moulins d'Apuliaoù l'on déguste, sur une terrasse ombragée, les produits de la mer : morue, dorades, sardines, espadons, bars ou poulpes grillés, en rations tellement copieuses qu'il vaut mieux se contenter d'une demi-portion par personne (par exemple, 3 grosses sardines). Le tout évidemment arrosé de vinho verde blanc, (branco) dont c'est la région de culture. Nous en avons goûté de nombreux, plus ou moins pétillants, plus ou moins fleuris ou fruités, mais toujours légers et rafraichissants. Pour éloigner les raisins de l'humidité, les vignes sont très hautes, cultivées en tonnelles sous lesquelles il doit faire bon se reposer quand il fait chaud, mais qui doivent rendre les vendanges parfois un peu difficiles.

Comme il n'y a pas que la plage dans la vie, profitez d'une journée peut-être un peu moins ensoleillée pour poursuivre la visite de la côte, en poussant par exemple jusqu'à Vue de la fontaine de Viana Viana do Castelo, une ravissante petite ville pleine de monuments comme sa fontaine de 1553 ou son ancien hôpital aujourd'hui transformé en office de tourisme, et dominée par une colline escarpée où trône une église à laquelle on accède par une route pavée et sinueuse, pour un point de vue exceptionnel sur la ville, l'embouchure du fleuve Lima, et la côte. Pas de problème à Viana non plus pour déjeuner : vous découvrirez plusieurs petits restaurants en vous promenant dans les étroites ruelles du centre ville. Attention L'ancien hôpital de Viana, office du tourisme aujourd'huicependant aux embouteillages si vous venez après le 15 août : feux d'artifices, processions, corridas, la ville est en fête pendant plusieurs jours et attire les gens des environs comme les Portugais immigrés en France et revenus pour les vacances dans leurs familles. Car le nord du Portugal est la principale région d'immigration. Vous y entendrez souvent parler français !

Suite : Le parc national de Peneda Gerês .

Élisabeth août 2004