Anto
: l'art de décorer sa retraite
Antoinette,
qui signe ses oeuvres du joli diminutif d'Anto, s'est découvert
tardivement un talent d'aquarelliste. Mais depuis, elle se rattrape
! Comment devient-on peintre à l'âge de la retraite
? Est-ce rapide, facile, à la portée de tous ? Pour
Internénettes, dont elle est une lectrice enthousiaste, Anto
a accepté de répondre aux questions d'Élisabeth.
Et avec son nouvel appareil numérique, qu'elle a rapidement
appris à maîtriser, elle a photographié quelques
unes de ses aquarelles.
Internénettes
: Anto, quel était ton métier avant de peindre, et
à quel âge as-tu pris ta retraite ?
Anto :
J'étais Secrétaire de Direction et mon emploi le plus
long ( 24 ans ! ) je l'ai assuré dans un cabinet d'architecte
à la Rochelle. J'ai pris ma retraite à 60 ans et je
m'ennuyais...
Internénettes
: Comment tes venue alors lidée de faire des
aquarelles ?
Anto
: Quelques mois après avoir pris ma retraite, j'ai découvert
« Les Peintres dans les Rues » , un
atelier d'aquarellistes de mon village. Une dame peignait l'Hôtel
de Ville près de mon domicile, je me suis approchée,
je lui ai posé des questions et je suis revenue plusieurs
fois constater l'évolution de son tableau
Cette dame,
qui est devenue mon amie, m'a amenée prendre des cours avec
un merveilleux prof qui a fait les Beaux-Arts. Depuis, je n'ai pas
arrêté de me faire plaisir, je suis boulimique, je
voudrais tout faire ! C'est un rêve que je n'aurais pu envisager
durant ma carrière, je croyais que je ne savais pas dessiner
... Et puis tout a été très vite, ma passion
faisant ce que je suis : une autodidacte en dessin, une aquarelliste
pour mon plus grand plaisir de retraitée, grâce à
mon prof fétiche Marie-Christine.
Internénettes
: Avais-tu déjà dessiné ou peint ? Quelqu'un
peignait-il dans ta famille ?
Anto :
Non, je n'avais jamais dessiné ou peint auparavant. Mais
j''admirais mon
grand frère qui dessinait et sculptait les croix basques,
les chaînes de la Navarre, entre autres, dans l'atelier d'ébénisterie
de mon père au Pays Basque. J'ai toujours été
attirée par la peinture, en particulier la période
impressionniste ; mais cela me paraissait inaccessible, et je ne
me posais pas de questions dans la mesure où ma vie de famille
et mon travail occupaient largement mes pensées.
Internénettes
: Combien de temps t'a-t-il fallu avant darriver à
quelque chose qui soit pour toi satisfaisant ?
Anto :
à raison de deux heures tous les quinze jours environ
en dehors des périodes scolaires il m'a fallu plus
ou moins deux ans pour éprouver quelque satisfaction.
Internénettes
: Est-ce accessible à tout le monde ? Quel matériel
et techniques utilises-tu ?
Anto
: L'aquarelle étant une peinture à l'eau, sa
technique est plus difficile à maîtriser : donc plus
de délicatesse, d'émotion, de surprises
On a la chance aujourd'hui qu'un peu partout, de plus en plus de
peintres donnent des cours groupés. Pour débuter,
on achète des peintures et des pinceaux à petit prix
et par la suite on a besoin de peintures extra-fines, de papier
de différents grains et de 300 gr minimum, de pinceaux en
petit gris ou en martre
etc.
Internénettes
: As-tu aménagé un « atelier » chez toi
?
Anto :
Il ne faut pas un grand espace pour peindre des aquarelles et contrairement
à la peinture à l'huile ça ne sent pas ! Donc
une petite pièce suffit, mais on peut très bien s'installer
dans un endroit ombragé dans le jardin en été,
avec une image ou une photo à reproduire (ce qui est le plus
souvent mon cas), ou encore installer son chevalet dans la nature
Internénettes
: Quels sont les sujets qui tinspirent le plus ?
Anto :
J'ai une préférence pour les paysages, les fleurs,
les marines
Ce qui ne m'empêche pas de trouver l'inspiration
dans les sports pratiqués au pays basque, rugby ou pelote
!
Internénettes
: Où exposes-tu tes aquarelles ?
Anto :
Pour ma part, j'ai la chance d'avoir un sous-sol aménagé
qui me sert de salle d'expo, car bien entendu je suis contente de
vendre une aquarelle, de temps en temps, sans publicité,
d'une part pour avoir le plaisir de constater que ma peinture plaît,
d'autre part pour me permettre de racheter des peintures, des cadres
J'ai également exposé, exceptionnellement, dans deux
Offices de Tourisme et avec « Les Peintres en Liberté
» de Fouras et de Rochefort.
Internénettes
: Que conseillerais-tu à quelquun qui voudrait sy
mettre ?
Anto :
Sans m'attarder davantage sur mon joli sort, je souhaite à
beaucoup de jeunes et de moins jeunes de faire le pas, s'ils sont
attirés par la peinture... Je leur dirais « Ne vous
laissez pas décourager au début, c'est comme tenir
un violon pour la première fois, on progresse vite en écoutant
les bons conseils ». Et aussi « soyez assidus
aux cours ! »
Internénettes
: Merci Anto !
Propos recueillis
par Élisabeth.
Pour contacter Anto, écrire à
Internenettes qui transmettra.
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