"Il
était une fois, une poule à peau astagacée
par un dénommé Piquepoul, impatient de la couvrir
sur les bords de l'étang de Thau. Elle se souvenait que
pour la bien apprécier, certain manuel recommandait de
la déplumer à une température bien fraîche.
Mais il était bourré comme un boudin. Toute à
lui, voilà le moment de mirer ses atours, de faire barboter
ses reliefs en jubilant pour ses connivences fraîches...
Mais ce qu'elle n'avait pas compris, c'est qu'il en voulait à
son caquet. Alors pour ne pas lui casser le cou, elle se mit à
glousser et laissa échapper un énorme pet. Picpoul
déstabilisé mit ses bottes à rouleaux, refit
cul sec et dérapa sur le bouchon. Cahin, caha, en regagnant
sa cave, il bredouilla et il jura qu'on ne l'y prendra plus. En
effet, le 8 mars, Picpoul ne pouvait que se travestir car la cause
de la poule à pot agite les esprits animaux... "
Stéphanie
Récop.

Trêve de plaisanterie, le Picpoul existe bel et bien : c'est
même la plus grande région de blanc du Languedoc.
Pas loin de Sète, Pézenas et Agde, en bordure de
l'étang de Thau, le vignoble s'étend sur 650 hectares
orientés plein sud... On a pu appeler le Picpoul le "Muscadet
du Languedoc" , sans doute parce qu'il accompagne agréablement
les fruits de mer . C'est un blanc sec, fruité et nerveux,
à la robe pâle à reflets verts, aux parfums
d'agrumes et de fleurs, issu d'un cépage unique , le Piquepoul,
et à boire avec les spécialités du pays,
brandade de morue, sardines à l'anchoïade, télines,
huîtres de Bouzigues, moules de l'étang de Thau,
bouillabaisses...
Une
mention spéciale à Emmanuelle, vigneronne (Domaine
de la Grangette).
